Handicap : une promesse d’amélioration émise par le gouvernement

Edouard Philippe a récemment dévoilé la feuille de route du gouvernement qui vise à apporter quelques améliorations au quotidien des personnes handicapées. Dans la pratique, ces dernières auront droit à une double augmentation de leur allocation adulte handicapé (AAH).

Une double hausse en deux étapes

Cette augmentation de l’AAH cadre avec les engagements pris par le premier comité interministériel du handicap (CIH) du quinquennat. Cet organisme a effectivement promis une revalorisation de l’Allocation adulte handicapé qui se traduira par deux hausses réalisées en deux étapes. Cette volonté est aussi celle d’Emmanuel Macron qui a promis une hausse de 11 % durant sa campagne présidentielle.

Ainsi, l’actuelle somme de 810,89 euros passera à 860 euros à compter du 1er novembre 2018 puis à 900 euros à partir du 1er novembre 2019.

Pour expliquer ces deux étapes, le Premier Ministre parle de « contraintes budgétaires » qui s’élèveraient à deux milliards d’euros de plus sur le quinquennat. Pour le gouvernement en place, c’est déjà un premier pas vers l’amélioration des conditions de vie des personnes handicapées.

Déception chez les personnes handicapées

Handicap : une promesse d’amélioration émise par le gouvernement

Du côté de la communauté des personnes handicapées, l’augmentation espérée se chiffre à près de 1 000 euros par mois. C’est effectivement le montant demandé par une pétition ayant réuni plus de 140 000 signatures. Les signataires estimaient que l’AAH devrait au moins se situer au niveau du seuil de pauvreté.

A part le montant jugé trop bas, l’APF (Association des Paralysés de France) regrette également le délai de mise en œuvre de la revalorisation annoncée puisqu’il faut tout de même patienter une année de plus pour que l’augmentation n’entre en scène.

Elle évoque également la possibilité pour certaines personnes handicapées de voir leur AAH diminuer au lieu de grimper. En effet, la hausse évoquée concerne une personne seule, mais pour le cas d’un couple, le dossier stipule que « les règles d’appréciation des revenus des bénéficiaires seront rapprochées en deux temps de celles des autres minima ». En d’autres termes, près de 240 000 personnes verront diminuer leur AAH de 70 euros par mois à cause de la fusion des deux prestations à savoir le complément de ressources et la majoration pour une vie autonome.

Le gouvernement face aux critiques

Pour balayer ces reproches, Edouard Philippe tente de justifier la décision par d’autres prestations supplémentaires comme une meilleure insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, un meilleur accompagnement allant de la crèche à l’université, une aide au logement, des accès facilités aux soins, à la prévention, à la culture et aux sports.

Il a aussi souligné le fait que les efforts doivent être maintenus et renforcés. Il invite, d’ailleurs tous les ministères, à prendre leur part de responsabilité.

Pour maintenir les efforts, Abisco accessibilité propose différents équipements pour la mise en accessibilité des bâtiments comme les rampes d’accès et élévateurs en cas d’entrée surélevée.

D’autres efforts prévus

D’autres projets ont également été annoncés tels que :

  • l’investissement de 870 millions d’euros par la SNFC afin de rendre ses transports accessibles et ce, avant les JO 2024
  • l’ouverture de 250 classes Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) supplémentaires dans les lycées et ce, d’ici la fin du quinquennat. On en compte 8 600 actuellement
  • la mobilisation de 1 000 services civiques à partir de 2018 puis 2 000 services à compter de 2019 et ce, afin de faciliter l’intégration des étudiants souffrant de handicap
  • le renforcement de l’insertion professionnelle à part l’obligation de compter au moins 6 % de salariés handicapés. Ce dispositif, lancé par la loi de 1987, n’a pas donné des résultats satisfaisants jusqu’ici d’où l’intérêt de trouver d’autres solutions plus efficaces
  • l’édification de logements adaptables pour toutes les constructions neuves
  • le versement des budgets aux collectivités territoriales sous forme de subventions afin d’accélérer la mise en accessibilité des ERPs
  • le lancement d’un 4e plan autisme à partir du début 2018 avec au programme, une conférence nationale sur le handicap prévue pour mai 2018