Evolution technologique : point sur l’accessibilité numérique, dix ans après

Evolution technologique point sur l accessibilite numérique dix ans apres (Last Updated On: 12 mars 2015)
Evolution technologique : point sur l’accessibilité numérique, dix ans après
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A l’heure actuelle, les sites des collectivités locales et des services publics ne remplissent pas les conditions d’accessibilité numérique. Par rapport à ce que préconisait la loi du 11 février 2005, seulement 4% des sites seraient conformes aux exigences de l’accessibilité.

Quelle que soit la formalité administrative (renouvellement d’une pièce d’identité, inscription sur la liste électorale…), il est possible pour le citoyen lambda d’effectuer les démarches nécessaires en ligne. Le seul hic, c’est que le nombre de communes qui rendent leurs formulaires accessibles aux personnes handicapées est encore très faible. Au cours de l’étude Top 78 effectuée en 2014, on n’a pu relever qu’une seule commune, parmi les 78 examinées, qui disposait d’un site internet accessible. La situation est alarmante.

Des retards et des lacunes

D’après l’article 47 de la loi de févier 2005 (décret d’application sorti en mai 2009), tous les services publics et les services de communication en ligne doivent être accessibles aux personnes en situation de handicap. Actuellement, on note un important retard sur l’accessibilité numérique. Pourtant, l’accessibilité de la cité ne peut être dissociée de celle des services à distance et des outils numériques.

Franck Galey, webmaster travaillant pour le site « web pour tous », est l’un des gardiens de l’accessibilité numérique depuis la publication de la loi y afférente. Il conçoit que les personnes handicapées soient prises au dépourvu face à des outils inadaptés à leur situation, ce qui les amène à renoncer. Pourtant, Franck Galey affirme qu’il ne s’agit pas d’un problème lié au coût de la mise en place de cette accessibilité, celui-ci étant dérisoire face au montant nécessaire pour rendre un bâtiment accessible par exemple. Pour le webmaster, l’accessibilité numérique est une première étape pour aboutir à l’accessibilité généralisée.

Aurélien Lévy, directeur général de Temesis, une firme spécialisée dans le conseil et la formation sur l’accessibilité des sites web, précise cependant que de nombreuses avancées ont été faites : il y a davantage de personnes formées en accessibilité, le Référentiel Général d’Accessibilité pour les Administrations (RGAA) est en plein remaniement, les moyens d’audit des sites ont évolué et un plan d’envergure pour une meilleure visibilité de l’accessibilité numérique est en cours de préparation. Pour le directeur de Temesis, la situation est donc prometteuse.

Formation sur l’accessibilité numérique en vue

Au regard du faible pourcentage de sites web accessibles numériquement, des propositions ont été émises par des associations de professionnels de l’accessibilité numériques et de personnes en situation de handicap. Entre autres, il s’avère pour ces associations qu’une formation sur l’accessibilité numérique soit obligatoirement mise en place.

Comme dans le cas de la formation d’architecte, les diverses formation ouvrant droit à la participation au concours d’entrée dans une administration concernant la « filière numérique » ou permettant d’obtenir un diplôme agréé doivent contenir un volet d’enseignement sur l’accessibilité et une sensibilisation propre au diplôme préparé.

Lors de la Conférence Nationale du handicap du mois de décembre dernier, le président de la République s’est engagé à « faciliter l’accès à l’information publique, promouvoir la citoyenneté et ne laisser personne au bord de la route de la révolution numérique ». Avec le RGAA, les sites mèneront une véritable démarche pour optimiser les conditions d’accessibilité, donnant droit à une labellisation « e accessible ».

Mis à part ces actions à entreprendre, les administrés doivent s’investir pour faire évoluer la situation. Franck Galey se demande pourquoi les personnes en situation de handicap devraient toujours se déplacer en mairie, contrairement à toute autre personne qui n’a pas à bouger de chez elle. Ainsi, ce sont non seulement les associations, mais aussi les utilisateurs et les communautés de communes qui doivent agir à leur niveau.

 

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