Handicap : des solutions pour les cas critiques

Hollande des solutions pour les cas critiques (Last Updated On: 26 février 2015)
Handicap : des solutions pour les cas critiques
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Vers la fin de l’année 2013, le gouvernement a mis en place un dispositif pour résoudre les cas les plus critiques de personnes handicapées sans accompagnement adapté. Un an après, les familles font un bilan assez sévère, car malgré les efforts fournis, les solutions proposées ne suffisent toujours pas.

Le dispositif Carlotti

Le dispositif Carlotti a été mis en place par Marie-Arlette Carlotti lorsqu’elle était encore Secrétaire d’État en charge des personnes handicapées. La a fait suite au jugement relatif à un cas critique de handicap. En octobre 2013, les parents d’Amélie Loquet, une jeune fille de 19 ans lourdement handicapée et maintenue à domicile ont saisi la justice pour que leur fille obtienne une place au sein d’un institut spécialisé. La justice a tranché en leur faveur et c’est au lendemain de cette décision que Marie-Arlette Carlotti a mis en place le dispositif d’urgence à l’échelle départementale, régionale et nationale. Ce dispositif a pour objectif de trouver des solutions adaptées aux cas de handicap les plus lourds d’enfants et d’adultes qui n’ont pas de prise en charge.

En ce qui concerne Amélie Loquet, l’établissement où elle a été placée se situe à 400 kilomètres de sa maison et pour faciliter les visites, ses parents ont dû déménager.

Le cas de Jeanne Auber

Jeanne Auber est un médecin et une mère de famille dont la fille, Julie, souffre d’un handicap complexe. Agée de 23 ans, sa fille a été maintenue à domicile durant deux ans ce qui a entraîné l’épuisement physique et moral de toute sa famille. Face à l’absence de solution, malgré que sa fille fasse partie des « cas critiques », Mme Auber a écrit un livre intitulé « Les exilés mentaux, un scandale français ». Dans cette quête d’institut spécialisé, le gouvernement a proposé à la famille de Julie une place au sein d’un institut pour personnes de plus de 50 ans souffrant de pathologie psychiatrique.

Face à une solution qui ne lui convenait pas du tout, la famille a envisagé de la placer dans un établissement en Belgique même si cela devait leur imposer un tout nouveau style de vie. Encore une fois, cette solution a vite été abandonnée. Finalement, c’est un institut dans les Hauts-de-Seine qui a accueilli la jeune fille au mois de janvier dernier. Si Julie a eu de la chance, ce n’est pas le cas des autres cas critiques qui ont envoyé des demandes auprès de ce même institut. Selon Mme Auber, il y aurait environ une centaine de demandes pour seulement une trentaine de places disponibles.

Hollande des solutions pour les cas critiques

D’autres cas critiques inquiétants

Si Amélie et Julie ont pu être placées, ce n’est pas grâce au dispositif Carlotti, mais bien aux combats que leurs familles ont dû mener. Malheureusement, toutes les personnes handicapées n’ont pas eu cette chance et les cas critiques inquiétants ne sont pas rares. L’Unapei, fédération de familles de personnes handicapées mentales, évoque par exemple le cas d’une mère qui a peur de son enfant handicapé qui est plus grand et corpulent qu’elle et a des accès de violence réguliers.

Pour Christel Prado, directrice de l’Unapei, les solutions proposées par l’État sont encore insuffisantes. Selon elle, la fédération aurait envoyé une dizaine de dossiers de cas critiques aux agences régionales de santé et en un an, seuls huit personnes ont été placées. Mme Prado déclare alors qu’un retour en justice pourrait être nécessaire alors que c’est justement ce que le dispositif Carlotti souhaitait éviter.

Le 10 décembre dernier, Geneviève Gueydan a déclaré à l’Association des journalistes de l’information sociale ou Ajis qu’une quarantaine de situations très critiques sont remontées jusqu’à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) dont elle est la directrice. Parmi ces nombreux cas, un tiers a été résolu, un autre tiers a eu une solution temporaire et le dernier tiers n’a toujours aucune réponse.

« Zéro sans solution »

Ce dispositif a été validé par le président François Hollande lui-même qui a déclaré le 11 décembre dernier, à l’occasion de la conférence nationale du Handicap à l’Elysée que toutes les personnes handicapées et leur famille devront avoir une solution pour leur faciliter la vie. Pour rappel, c’est au mois de juin dernier que Denis Piveteau, conseiller d’État a remis au gouvernement le rapport sur le « Zéro sans solution ». Ce rapport propose différentes mesures pour éviter les ruptures de prise en charge. L’ancienne directrice d’Agence régionale de santé, Marie-Sophie Dessaulle, en est actuellement la principale responsable.

Première vague de mesures prévue pour 2015

La Conférence nationale du Handicap a permis de déduire que suite au rapport « Zéro sans solution » de Denis Piveteau, des premières mesures seront lancées dès l’année 2015. Cette application se généralisera en courant 2017-2018 et les mesures seront lancées grâce au concours des territoires volontaires.

Enfants et jeunes en priorité

Pour remédier à tous les cas critiques, le rapport « Zéro sans solution » s’attaquera en priorité aux cas des enfants et jeunes entrant dans l’âge adulte. Pourquoi ?

– Environ 13 000 enfants handicapés n’ont pas accès aux études.

– Plus de 6 500 enfants et adultes handicapés sont exilés en Belgique à défaut d’institut pouvant les accueillir sur le territoire français.

– Plus de 6 500 jeunes sont toujours maintenus dans des établissements pour enfants alors qu’ils ont dépassé les 20 ans. Même s’ils sont surveillés par des professionnels ; la structure n’est plus adaptée à leur état.

– Près de 30 000 personnes handicapées mentales et vieillissantes n’ont aucun accompagnement adéquat et pourtant tout aussi bien leur handicap que leur grand âge nécessitent des soins spécifiques.

Même si l’État souhaite faire des enfants et des jeunes sa priorité, toutes les personnes handicapées, surtout les cas critiques, seront concernées par le rapport « Zéro sans solution ». Attendons juste de voir quelles seront les premières mesures et si, cette fois-ci, elles seront efficaces et suffisantes pour tous les cas critiques.

 

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