Le handicap dans le monde du travail : son évolution en 20 ans

(Last Updated On: 9 janvier 2017)
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Lancée en 1997, la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées célèbre, cette année, sa 20ème édition. Durant ces 20 longues années, de nombreuses évolutions ont été enregistrées.

Renforcement de la loi

Même si la loi qui impose aux entreprises de compter dans leur personnel des personnes handicapées date du 10 juillet 1987, il aura fallu de nombreuses années pour qu’elle soit appliquée comme il faut. Dans les détails, cette loi exige à ce que les entreprises de plus de 20 salariés comptent dans leur personnel 6 % de personnes handicapés. La loi du 11 février 2005 est venue la renforcer en élargissant la mesure au secteur privé et en durcissant les sanctions financières en cas de manquement à la loi. Grâce à elle, les politiques de recrutement des entreprises prennent de plus en plus en compte les salariés en situation de handicap.

Résultat : le nombre d’entreprises comptant dans ses effectifs des personnes handicapées a doublé entre 2006 à 2012.

La contribution des salons spécialisés

Outre ces deux textes de lois, l’organisation de salons spécialisés a aussi grandement contribué à promouvoir le handicap dans l’emploi. Dans ce contexte, on peut citer les salons :

  • Salon handicap et achats responsables
  • Handi2day

Parmi les organisateurs principaux de ces évènements, on retrouve l’Etat, Pôle Emploi et Cap emploi, un réseau national de placement dédié aux personnes handicapées. Grâce à leurs efforts, de nombreuses entreprises ont mis en place des missions handicap volontaristes dans leurs activités.

Les possibilités qui s’offrent aux professionnels

Il faut savoir qu’à part l’emploi direct, les entreprises ont d’autres alternatives pour œuvrer sans déroger à la loi telles que :

  • l’accueil de stagiaires handicapés
  • le recours à la sous-traitance auprès d’établissements et services d’aide par le travail ou ESAT
  • le recours à la sous-traitance auprès d’entreprises adaptées (EA)
  • le recours à des travailleurs handicapés indépendants
  • la signature d’un accord collectif
  • les apprentis
  • l’alternance
  • le versement d’une contribution à l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées) ou au FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique)

Cette dernière solution ne peut être envisagée qu’en cas d’impossibilité avérée pour l’entreprise de recruter des personnes en situation de handicap pour des raisons spécifiques.

En ce qui concerne les apprentis, leur nombre a augmenté de 70 % tandis que le nombre de personnes handicapées travaillant en alternance a quasiment triplé.

Des progressions, mais …

Malgré tous ces efforts et les bons résultats obtenus en l’espace de vingt ans, le taux de chômage des personnes handicapées reste deux fois supérieur à la moyenne. Pour y remédier, les entreprises devraient aller outre leur obligation et jouer sur le long terme en ce qui concerne l’emploi de ces actifs. Elles devraient instaurer une politique sur le long terme surtout que très prochainement, dans la fonction publique, les départs à la retraite se feront en masse.

Les évolutions majeures

Pendant ces vingt dernières années, les évolutions ont été nombreuses :

  • un million de personnes handicapées ont accédé à l’emploi grâce à l’Agefiph
  • le nombre d’établissements employant au moins un salarié handicapé est passé de 60 % à 78 % entre 2006 et 2013
  • le nombre d’entreprises qui ne tiennent toujours pas compte du handicap dans leur métier a baissé de 29 % à 8 %
  • le taux d’emploi handicapé augmente de +0, 1 % par an
  • durant le premier semestre 2016, Cap emploi a permis le recrutement de 34 000 personnes handicapées ce qui équivaut à une hausse de 11 % en un an
  • le maintien de ces effectifs dans l’emploi s’est amélioré avec +6 % en un an et 33 % en trois ans
  • le nombre de postulants handicapés a augmenté de 5, 3 % en un an puisque se rapprochait de la barre de 500 000

Ce qu’il reste à faire

Les résultats sont donc bien visibles, mais il faut encore élargir le périmètre d’action qui se limite surtout au secteur privé. Ce qu’il faudrait c’est que tous les acteurs privés et institutionnels de l’emploi et de la formation soient également impliqués.

Il faut prêter une attention particulière à la formation, car la qualification des personnes handicapées est souvent le frein majeur à leur recrutement. Sur dix personnes handicapées, huit n’ont pas le bac. De nos jours, l’Agefiph consacre 35 % de son budget à assurer cette formation et grâce à elle, 65 000 personnes ont pu en profiter en 2014.

Pour assister les gérants d’établissements, Abisco leur propose diverses solutions comme celles adaptées aux malentendants.

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