Silicon Valley : de plus en plus d’autistes dans les industries de pointe

(Last Updated On: 7 octobre 2016)
Silicon Valley : de plus en plus d’autistes dans les industries de pointe
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Située à Santa Monica, en Californie, MindSpark est une startup qui recrute des personnes autistes pour occuper le poste d’analyste. Pour les fondateurs de l’entreprise, c’est une manière à la fois de développer leur boîte, et d’apporter un changement social.

Leur obsession des détails est leur force

Les personnes souffrant d’autisme représentent environ 1 % de la population mondiale. Le degré du handicap peut varier d’un individu à l’autre, mais d’une manière générale, on peut distinguer deux cas extrêmes :

  • Les personnes très touchées qui ne parlent pas ou très peu et qui n’aiment pas le contact visuel
  • Les personnes qui parlent, qui ont un esprit très acéré, mais qui ont du mal à comprendre les normes sociales

C’est dans cette deuxième catégorie de personnes de « haut niveau » que la startup cherche ses analystes et pour cause : leur obsession des détails ainsi que leur grande capacité à se concentrer sont des qualités très appréciées en informatique. De l’avis de Chad Hahn, cofondateur de l’entreprise, cette catégorie est semblable à un réservoir de salariés talentueux que le reste du monde a pourtant l’habitude d’ignorer.

27 analystes autistes pour MindSpark

Informaticien

MindSpark n’est vieille que de trois ans seulement, mais elle compte déjà 27 analystes autistes dans son personnel. Parmi eux, cinq salariés sont payés dans les 35 000 à 50 000 dollars par an et travaillent à temps plein tandis que les autres travaillent à temps partiel.

Corey Weiss fait partie des analystes de la startup et en matière de logiciels, il est plus que doué. Ce jeune autiste est aujourd’hui âgé de 27 ans et même si certains signaux sociaux échappent à son attention, dans son métier, il voit des choses que d’autres ne verraient pas, non seulement par son souci du détail, mais aussi grâce à sa grande concentration.

Au fur et à mesure de son évolution, la startup recrute de plus en plus d’autistes pour réaliser les tests de logiciels que ses entreprises clientes lui confient. Parmi ces dernières, on retrouve Fox Networks, la société multimédia ou encore Liberty Mutual, l’assureur. Les entreprises situées à l’international peuvent également recourir aux services de l’entreprise.

Autistes Vs Geeks

Entre autiste et geek, il n’y a qu’une petite différence puisque les deux sont amateurs de technologie et d’informatique.

Le seul problème c’est que si les geeks sont d’emblée reconnus et respectés, les autistes eux n’ont pas toujours la même attention. Non seulement, les entreprises qui tiennent compte de leur handicap sont rares, mais parfois, ces personnes manquent tout simplement d’encadrement dans la vie quotidienne pour adopter un mode de travail correct. En effet, il arrive par exemple que même en ayant un travail, la personne autiste ait du mal à se plier aux horaires de l’entreprise parce qu’elle n’a personne chez elle qui puisse veiller à ce qu’elle arrive à l’heure au bureau.

La situation peut donc être compliquée parfois, mais il est quand même possible de passer outre cela si l’entreprise s’adapte au handicap de la personne.

Des autistes chez Microsoft

MindSpark n’est pas la seule à recruter chez les autistes puisque même Microsoft s’y est mis. Ce géant de l’informatique a effectivement mis en place un programme pour recruter des autistes à temps plein. Pour ce faire, il a sollicité l’aide de Specialisterne, une organisation danoise qui, grâce au géant allemand des logiciels professionnels SAP, a pu atteindre l’objectif qu’il s’était fixé en 2013, celui de recruter des centaines de personnes souffrant d’autisme à travers le monde.

Les autistes représentent donc des salariés aux talents exceptionnels que ce soit en mathématiques, en technologie ou en sciences. Des qualités chères aux activités de la Silicon Valley dont de nombreuses industries refusent toujours d’embaucher du personnel autiste parce qu’il ne se conduit pas comme le reste de leurs équipes.

EvoLibri promeut la neurodiversité

EvoLibri est une fondation créée par Jan Johnston-Tyler, mère d’un enfant diagnostiqué autiste Asperger. Selon cette femme de 57 ans, les autistes font des salariés très fidèles et leur manière de gérer les problèmes est toujours bénéfique pour une entreprise. Dans son travail, elle aide des autistes, mais aussi des personnes « neurodiverses » à trouver un emploi, des services adaptés à leur handicap et un cursus scolaire adapté.

Grâce aux nombreuses personnes talentueuses qu’elle a la chance de rencontrer chaque jour, elle s’étonne du fait que la Silicon Valley, qui se targue de promouvoir la neurodiversité, ait des difficultés à trouver des salariés qualifiés. Il leur suffirait pourtant de chercher dans la bonne direction et de passer outre les différences des personnes autistes pour trouver des candidats correspondants à leur profil de recherche.

Elle ajoute que de nombreuses entreprises et organisations œuvrant dans le domaine de l’informatique ont déjà essayé d’embaucher des personnes autistes, mais dans la majorité des cas, l’essai n’a été que temporaire. Il s’agit déjà d’un bon début, mais le challenge est désormais de transformer ces postes temporaires en emplois durables avec des postes sérieux.

Retrouvez différentes solutions pour l’accessibilité des personnes handicapées ici.

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